Rachat de crédit : 6 erreurs à éviter avant de signer
26 mars 2021L’essentiel
- Un rachat de crédit remplace plusieurs crédits par un seul. Il réduit souvent la mensualité, mais presque toujours en allongeant la durée : le coût total peut augmenter.
- Les erreurs les plus coûteuses : comparer uniquement les mensualités, oublier les indemnités et les frais, hypothéquer son logement sans nécessité et continuer à utiliser ses anciennes lignes de crédit.
- Faites le calcul complet avant de signer, et si vos dettes ne sont plus soutenables, parlez-en à un service de médiation de dettes agréé.
Sommaire
- Erreur n°1 : ne regarder que la nouvelle mensualité
- Erreur n°2 : oublier les indemnités et les frais
- Erreur n°3 : mettre son logement en garantie sans nécessité
- Erreur n°4 : garder ses anciennes lignes de crédit ouvertes
- Erreur n°5 : payer un intermédiaire ou céder à une publicité agressive
- Erreur n°6 : utiliser un nouveau crédit pour masquer des dettes impayées
- La checklist avant de signer
Erreur n°1 : ne regarder que la nouvelle mensualité
La baisse de mensualité est l’argument le plus visible d’un rachat de crédit. Elle vient en général d’une durée plus longue, pas d’un crédit moins cher. Le bon critère est le coût total : ce qu’il vous reste à payer aujourd’hui, comparé à ce que vous paierez avec le nouveau crédit.
Exemple chiffré (illustratif)
Hypothèses : deux prêts à tempérament en cours, un nouveau crédit à 7 % (taux annuel, mensualités constantes). Ces taux sont des exemples de calcul, pas des offres.
| Situation | Mensualité | Total restant à payer |
|---|---|---|
| Prêt A : 8 000 € restants, 24 mois, 8 % | 361,82 € | 8 683,68 € |
| Prêt B : 5 000 € restants, 36 mois, 9 % | 159,00 € | 5 724,00 € |
| Total actuel | 520,82 € | 14 407,68 € |
| Rachat : 13 000 € sur 72 mois à 7 % | 221,64 € | 15 958,08 € |
| Rachat : 13 000 € sur 48 mois à 7 % | 311,30 € | 14 942,40 € |
Sur 72 mois, la mensualité baisse d’environ 300 € mais vous payez environ 1 550 € de plus au total, avant même les frais. Sur 48 mois, l’écart se réduit à environ 535 €. Dans cet exemple, le rachat soulage le budget mensuel mais ne fait pas économiser d’argent.
Erreur n°2 : oublier les indemnités et les frais
- Indemnité de remboursement anticipé sur les anciens prêts à la consommation : au maximum 1 % du capital remboursé s’il reste plus d’un an, 0,5 % sinon, et aucune sur une ouverture de crédit. Dans l’exemple : au plus 80 € + 50 € = 130 €.
- Frais de dossier du nouveau crédit, s’il y en a : vérifiez qu’ils sont inclus dans le TAEG annoncé.
- Frais d’hypothèque si le nouveau crédit est garanti par votre logement : acte notarié, inscription hypothécaire, parfois expertise.
Erreur n°3 : mettre son logement en garantie sans nécessité
Regrouper des crédits à la consommation dans un crédit garanti par une hypothèque peut donner un taux plus bas, mais sur une durée plus longue, avec des frais d’acte et, surtout, votre logement en garantie. Réservez cette option aux montants qui la justifient et comparez-la toujours avec un regroupement sans hypothèque.
Erreur n°4 : garder ses anciennes lignes de crédit ouvertes
Si le rachat solde une ouverture de crédit ou une carte de crédit, mais que la ligne reste disponible, le risque est de l’utiliser à nouveau et de cumuler l’ancien et le nouveau crédit. Demandez la clôture des ouvertures de crédit remboursées : la résiliation d’une ouverture de crédit est possible à tout moment et sans frais, avec un éventuel préavis d’un mois maximum.
Erreur n°5 : payer un intermédiaire ou céder à une publicité agressive
En Belgique, un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération de votre part : il est payé par le prêteur. Toute demande de frais à l’avance est un signal d’alerte. La loi interdit aussi la publicité qui incite à regrouper ses crédits ou qui promet un crédit facile ou rapide : une offre construite sur ces arguments mérite de la méfiance. Vérifiez l’inscription du prêteur ou de l’intermédiaire avec l’outil « Vérifiez votre fournisseur » de la FSMA.
Erreur n°6 : utiliser un nouveau crédit pour masquer des dettes impayées
Quand les retards s’accumulent (factures, loyer, dettes fiscales), un rachat de crédit ne règle pas le problème de fond et le prêteur le verra à la Centrale des crédits. Un service de médiation de dettes agréé (CPAS, centre de médiation de dettes) peut analyser votre budget gratuitement et négocier avec vos créanciers.
La checklist avant de signer
- Listez chaque crédit : capital restant, mensualité, nombre de mois restants, indemnité de remboursement anticipé.
- Calculez le total restant à payer aujourd’hui.
- Calculez le coût total du rachat : mensualité × durée + frais + indemnités.
- Comparez au moins deux durées pour le nouveau crédit.
- Vérifiez le TAEG, la fiche d’information précontractuelle et l’inscription FSMA du prêteur ou de l’intermédiaire.
- Faites clôturer les ouvertures de crédit remboursées.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
À lire aussi : contracter un crédit : les points à vérifier avant de signer · tous les guides Pretinfo.
Sources
- Code de droit économique, Livre VII (Justel, version consolidée intégrant les modifications publiées jusqu’au 04/08/2026) : art. VII.65 (publicité), VII.97 (indemnité de remboursement anticipé), VII.98 (résiliation de l’ouverture de crédit), VII.114 (rémunération de l’intermédiaire), VII.115 (médiation de dettes). Consulté le 24/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Le rôle de la Centrale des crédits aux particuliers, mise à jour du 16/02/2026.
- FSMA, Qui doit s’inscrire en tant qu’intermédiaire de crédit ?, consulté le 24/09/2026.


